• Assassinat ou mauvais coup ?

    Retour à Cornillé-les-Caves.

    Nous faisons un saut en 1702, le 22 mars très exactement.

    Le duel par Achile EmperaireRené André, le curé du village a complété de son mieux l'acte de sépulture d'un homme de nationalité irlandaise. Il précise que ce dernier, âgé de 35 ans, donc né vers 1667, serait mort des suites de ses blessures octroyés par... un coup d'épée reçu quelques jours auparavant (le 16 ou 18 mars).

    Grâce à un portefeuille découvert dans la poche du défunt, celui-ci retrouve une partie de son identité. Il se nomme Sullivanne et en outre il est qualifié de gentilhomme dans des attestations écrites par deux curés des environs : l'un de la paroisse de la Trinité à Angers et l'autre de Longué (aujourd'hui Longué-Jumelles situe à 35 km à l'est d'Angers, sur la route de Saumur).

    Que faisait cet homme en France et plus précisément en Anjou ? Était-ce un militaire ?

    Autre précision importante, ces attestions ont été déposées au greffe criminel de Baugé (dont dépend Cornillé-les-Caves).

    Gageons que si un de ses descendants à entrepris des recherches généalogiques, il est fort probable qu'il ait eu beaucoup de difficulté à retrouver les date et lieu de décès de notre Sullivanne...

    Avis aux chercheurs !

     

    Autre information concernant trois témoins :

    > Jean Lécuier serait vraisemblablement le frère de notre ancêtre Renée Mathurine Lécuier *1658 / +1706. Il serait né en 1662 et décédé avant 1715 à Cornillé...

    > Pierre Compére est peut-être celui figurant dans notre généalogie ? Il serait né vers 1650 et marié en juin 1675 avec Urbanne Paré, née vers le 19 décembre 1655 à Cornillé ?

    > Pierre Simon : peut-être s'agit-il de l'époux de Jacquine Leger, demeurant tous 2 à Cornillé ?


    Transcription de l'acte

    "Le 22 mars 1702 a été enterré le corps d'un homme décédé le 20, Irlandais de nation, âgé de 35 ans ou environ, à nous cydevant inconnu lequel auvoit esté blessé d'un coup d'épée en cette paroisse le 16 de ce mois. Après son decest on a trouvé dans sa poche un porte lettre chargé des attestations de Mrs les curés de la Trinité d'Angers et de Lougné ou il paroist quil se nommoit Soulivanne et quil se qualifioit de gentil-homme. Les dittes attestations sont au greffe criminel de Baugé... Signé René André"

    Assassinat ou mauvais coup ?

     Migrations d'irlandais vers la France

    Une piste à suivre, le livre "Les Irlandais immigrés au XVIIe siècle en Bretagne - du Centre-Bretagne à l'embouchure du Blavet" - Alain LE NOAC'H / Éamon O'CIOSÀIN

    Fuyant les persécutions anglaises impitoyables, notamment de Cromwell, ce sont environ 35 000 Irlandais qui se sont installés sur le continent européen au XVIIe siècle.

    Les persécutions et confiscations de terres durèrent plus d'une centaine d'années, époque pendant laquelle les Anglais accaparèrent progressivement les meilleures terres, réduisant la population irlandaise à la misère. Malgré l'importance de cet afflux de population, il est étonnant de constater que la population française et en particulier bretonne n'en a gardé aucun souvenir. Alain LE NOAC'H et Éamon Ó'CIOSÀIN, professeur d'université, nous font découvrir l'ampleur de cette migration en terre bretonne.

     Autre document : L’exil jacobite irlandais et l’Ouest de la France (1691-1716) - Diego TELLEZ ALARCIA


    « Livre de comptes...Un incendie mortel »

    Tags Tags : ,